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actos pioglitazone

  • Actos et Avandia: nouvelle étude confirme les effets indésirables cardio-vasculaires

    N'oublions pas ACTOS (Takeda Abbott Pharmaceuticals) ! Actos 4.jpg

    Mise à Jour (avril 2011)

    Toutes les notes sur Actos, Avandia et les glitazones en général, ainsi que sur d'autres médicaments utilisés dans le traitement du diabète (lantus...) sont accessibles en descendant sur cette page.

    Une étude canadienne publiée le 12 décembre par le « Journal de l’Association Américaine de Médecine » (JAMA) confirme les effets indésirables cardiovasculaires d’AVANDIA (firme GSK), mais met en cause tout autant ACTOS (firme Takeda Abbott), puisque les conclusions portent sur toute la classe de thiazolidinediones.

    Des chercheurs de l’Institut de Sciences Cliniques Evaluatives de Toronto ont mené une étude à partir de la base des données de l’assurance-maladie d’Ontario, incluant 159,026 diabétiques âgés d’au moins 66 ans, suivis en moyenne pendant 3,8 ans, jusqu’en mars 2006. Ils ont étudié les risques d’infarctus du myocarde, d’insuffisance cardiaque congestive et de décès. Les résultats ne laissent pas de doute : les patients traités par thiazolidinediones ont un risque accru de 60% d’insuffisance cardiaque congestive, un risque accru de 40% d’infarctus du myocarde et un risque accru de 29% de décès, en comparaison avec des patients traités par d’autres antidiabétiques.

    Les chiffres semblent concerner surtout Avandia, pour la simple raison que c’était le médicament dominant dans la population étudiée, souligne l’investigatrice principale, Lorraine Lipscombe. Cela dit, les auteurs parlent explicitement de toute la classe : ces résultats apportent des preuves correspondant à ce qui se passe en réalité, après les essais clinques et la commercialisation, lorsque les médicaments sont prescrits à large échelle mais ne sont quasiment plus étudiés. Ces données contrastent habituellement avec celles obtenues dans le cadre artificiel créé par les essais cliniques, qui sélectionnent les participants en nombre limité, selon des critères bien définis et n’analysent que certains paramètres, concernant généralement l’efficacité de tel médicament sur un aspect bien précis (« point final » de l’essai).

    En l’occurrence, cette étude faite en « real-word setting » (cadre et paramètres « réels », non imposés ou modifiés par les chercheurs) confirme les résultats de certains essais cliniques selon lesquels « les risques des thiazolidinediones l’emportent sur les bénéfices, même chez les patients qui n’avaient pas de maladies cardio-vasculaires évidentes au départ », disent les chercheurs. Il y a d’autres arguments forts, détaillés dans le texte complet de l’étude : le risque de décès est augmenté par les thiazolidinediones non seulement en monothérapie, mais aussi en thérapie combinée (avec d’autres antidiabétiques). Cela accentue la relation de cause à effet avec cette classe de médicaments et contraste avec la diminution de la morbi-mortalité induite par les autres antidiabétiques. En outre, même une utilisation passée de TZD accroît le risque de décès. Les diabétiques traités par TZD avaient une mortalité augmentée toutes causes confondues, c’est-à-dire non seulement par infarctus du myocarde ou insuffisance cardiaque congestive. Enfin, la mortalité des diabétiques de cette cohorte était indépendante de l’état cardiovasculaire avant le début du traitement ou de la durée du diabète. Ce qui veut dire que des diabétiques qui n’avaient pas de symptômes cardiovasculaires et/ou qui avaient un diabète récent, donc a priori sans complications, ont pu tout autant subir ce type d’effets indésirables des TZD ou décéder. Les résultats de l’étude s’inscrivent donc en faux contre ce qui était affirmé jusqu’ici, à savoir que les TZD seraient à manier avec prudence uniquement chez les personnes à haut risque d’insuffisance cardiaque congestive. Aucun sous-groupe n’a été protégé des effets indésirables d’Avandia et d’Actos.

    Résumé original de l’étude et références : Thiazolidinediones and Cardiovascular Outcomes in Older Patients With Diabetes, Lipscombe et all, JAMA, 298(22), 12 December 2007, p 2634–2643

    http://jama.ama-assn.org/cgi/content/abstract/298/22/2634

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    Cette étude contredit celle portant spécifiquement sur ACTOS, publiée en septembre dans le même journal (JAMA), par une équipe américaine incluant le Dr Steven Nissen, chercheur qui avait dénoncé les risques accrus de crises cardiaques sous Avandia.

    http://jama.ama-assn.org/cgi/content/abstract/298/10/1180

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    Rien ne laisse penser qu’ACTOS puisse être moins nocif qu’AVANDIA. Toute la classe des glitazones / thiazolidinediones est à bannir de l’usage, comme le conseillaient les revues indépendantes Arznei-Telegramm (Allemagne) et Prescrire.

    Elena Pasca

    Copyright Pharmacritique

  • Nouvelle étude: comment Actos et Avandia produisent-ils ostéoporose et fractures? (II)

    Actos, Avandia : mécanisme de l'ostéoporose et des fractures élucidé (suite de la note précédente) Actos 3.jpg

     

     

    Une étude américaine qui vient d’être publiée dans la revue Nature éclaire l’un des mécanismes fondamentaux par lequels les glitazones (Actos - pioglitazone, Avandia - rosiglitazone, et les médicaments composés qui en contiennent) induisent des troubles osseux, de l’ostéoporose, et donc des fractures. Mécanisme jusqu'alors inexpliqué et étonnant. Les auteurs ont mené l’expérimentation sur des souris, mais c’était pour comprendre les risques encourus par les humains dans le traitement du diabète. Ils ne manquent pas d’exprimer leurs réserves quant à l’utilisation à large échelle des glitazones, assénant un coup supplémentaire à cette classe, et surtout à Avandia, qui est actuellement en très mauvaise posture sur le continent nord-américain. Pas de souci, les firmes GSK et Takeda continuent à se remplir tranquillement les poches en Europe, où aucune autorité sanitaire ne les embête, malgré les effets secondaires catastrophiques d'Actos et d'Avandia et malgré le fait que les antidiabétiques classiques ont plus de bénéfices (démontrés, qui plus est!) et beaucoup moins de risques.

    Toute cette classe de médicaments déstabilise l’équilibre entre les ostéoclastes (cellules responsables de la résorption de l’os, donc de sa destruction) et les ostéoblastes (qui produisent et régénèrent l’os).  Cet équilibre est déjà mis à mal par le vieillissement naturel qui fragilise les os, mais les glitazones sont un facteur aggravant, comme vient de le démontrer cette équipe de chercheurs californiens à l’exemple d’Avandia. On savait que la rosiglitazone inhibait les ostéoblastes, mais la recherche a montré qu’en plus de cela, elle active aussi les ostéoclastes et fait donc pencher encore plus la balance du côté de la résorption osseuse. Ce qui augmente fortement le risque d’ostéoporose et de fractures.

    Toutes les glitazones ont cet effet producteur d’ostéopénie puis d’ostéoporose. Il n’y a plus de doute, puisque, en plus des constatations cliniques ayant déjà fait l’objet d’alertes sanitaires, les chercheurs californiens ont montré que cela se passe à travers l’impact caractéristiques des glitazones sur le récepteur d’une protéine appelé PPAR-gamma (peroxisome proliferator-activated receptor gamma), qui déclenche cette inhibition des ostéoblastes et l'activation concomittante des ostéoclastes. Or, ce mécanisme d'action et cet impact définissent les glitazones en tant que classe et induisent une bonne partie de leurs effets directs. Autrement dit, il ne s'agit pas d'une propriété marginale. On en revient à l'interrogation formulée par  Steven Nissen et son équipe dans le New England Journal of Medicine en mai 2007, quant à la série de problèmes que les glitazones développées successivement ont pu provoquer. Cf. notre note "Glitazones (Avandia, Actos) : encore sur le marché?"

    Le résumé du texte publié en décembre 2007 dans la revue Nature : « PPAR-gamma regulates osteoclastogenesis in mice »

    Le texte intégral de l'étude ainsi que la réponse de la firme GSK (pour Avandia) et d’autres informations sur les fractures induites par Actos, etc. sont sur cette page :

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    Une explication générale, accessible et illustrée de la balance ostéoblastes - ostéoclastes et de l’ostéoporose (sans rapport avec les glitazones), sur ces pages de la Société Française de Rhumatologie.

    Elena Pasca

    Copyright Pharmacritique

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    Mise à Jour (avril 2011)

    Toutes les notes sur Actos, Avandia et les glitazones en général, ainsi que sur d'autres médicaments utilisés dans le traitement du diabète (lantus...) sont accessibles en descendant sur cette page.

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