Avertir le modérateur

visiteur médical

  • Roselyne Bachelot a passé au moins 12 ans au service de l'industrie pharmaceutique. Source de conflits d'intérêts, par exemple dans la vaccination massive contre la grippe A H1N1?

    Dans une note en date du 3 mai 2008, j'ironisais sur l'interview donnée en février de la même année par Roselyne Bachelot au magasine de Bachelot photo portail gouvernement.jpgl'industrie pharmaceutique PHARMAnetwork. Notre ministre de la santé pouvait se prononcer en experte sur le fait que "Le métier de visiteur médical doit évoluer", puisqu'elle est elle-même une ancienne visiteuse médicale.

    De tels liens ne sont jamais anodins; ils peuvent induire des conflits d'intérêts même à distance, et on doit s'interroger  lorsqu'un élu qui représente l'intérêt public, l'intérêt général, cache pendant quelque temps une partie de son passé, et notamment ses 12 ans de travail pour l'une des industries les plus puissantes qui soient: celle pharmaceutique. (Globalement, cela va de 1969 à 1989, avec un trou non explicité au milieu; peut-être 20 ans en tout?).

    Industrie dont on sait qu'elle entretient aussi l'un des lobbies les plus actifs, les plus acharnés et qui ont le plus d'influence sur les hommes politiques, y compris au sommet de l'Etat, comme on peut le voir en lisant cette note, qui mentionne aussi la ministre de la Santé: "Plan Alzheimer et conflits d'intérêts: les Sarkozy, Sanofi, la recherche publique et les franchises médicales... Les deniers publics feront les profits privés".

    Lire la suite

  • L'industrie pharmaceutique: maître du système de soins au moyen des conflits d'intérêts

    Un article paru aujourd’hui sur le site du journal Les Echos mérite d’être signalé, tant les analyses de ce type sont rares en Argent Zoll.de.jpgFrance…

    Il rappelle le contrôle de l’industrie pharmaceutique sur toute la filière du médicament, y compris sur l’information des médecins – et des usagers, forcément…, puisque ces derniers sont les cobayes et les victimes par excellence d’un système de soins orienté tout entier vers le profit, vers la satisfaction d’intérêts financiers privés, des firmes comme de bon nombre de médecins et pharmaciens. Et ce au mépris des seuls intérêts qui devraient compter : celui collectif de la santé publique et celui individuel de la santé de chaque patient. Les deux étant deux facettes du même intérêt général, principe républicain qui n’aura bientôt plus aucune traduction pratique, ni en médecine ni ailleurs...

    Le verrouillage de toutes les articulations du système de soins par l’industrie pharmaceutique et par ceux qu’elle paie donne cette désinformation organisée que nous avons dénoncée  en reprenant deux déclarations de l’ISDB (International Society of Drug Bulletins): celle sur l'absence de progrès thérapeutique et celle sur la minimisation des effets secondaires des médicaments.

    L'ISDB est représentée en France par la seule revue Prescrire et en Allemagne par quatre revues dont l’excellente Arznei-Telegramm (« Télégramme du Médicament »), qui fêtera ses 40 ans en 2009. L’article en question :

    "Pour une autre politique du médicament"

    par Jean-Pierre DAVANT, président de la Mutualité Française

    Un extrait : « Aujourd'hui, les laboratoires pharmaceutiques maîtrisent l'information des médecins. Il y a trente-cinq fois plus de visiteurs médicaux que de délégués de l'assurance-maladie. Selon l'Inspection générale des affaires sociales, les médecins généralistes reçoivent en moyenne 330 visites médicales par an. Chaque année, ces visites coûtent à la collectivité 25.000 euros par médecin généraliste. Ajoutons à cela que l'industrie pharmaceutique invente régulièrement de nouvelles pathologies à des fins de marketing pour lancer de nouveaux médicaments : phobie sociale, côlon irritable, jambes sans repos... Enfin, les laboratoires pharmaceutiques rémunèrent des experts et des spécialistes du lobbying pour porter un discours publicitaire. Y compris dans la presse scientifique. La déclaration par les experts de leurs conflits d'intérêts avant toute expression publique sur un médicament était prévue par la loi Kouchner. Mais cette disposition [l'article 26] n'est toujours pas appliquée.

    La promotion du bon usage du médicament ainsi que l'élaboration et la mise en oeuvre des programmes d'observance devraient relever des autorités sanitaires, et non pas d'intérêts commerciaux. En aucune manière, l'industrie pharmaceutique ne devrait pouvoir s'ingérer dans la formation initiale et continue des professionnels de santé. Cette mainmise sur l'information des médecins est une des caractéristiques françaises, qui explique pour partie le haut niveau qu'atteignent les prescriptions médicamenteuses dans notre pays. Ce sont là des liaisons dangereuses qui entachent singulièrement la liberté du choix de prescrire à laquelle nos médecins nous disent être attachés.

    Priorité à la recherche et à l'innovation, baisse et transparence des prix, modernisation des circuits de distribution, valorisation du métier de pharmacien, indépendance de l'information : une autre politique du médicament est possible. Le médicament est utile. Ne gâchons pas nos ressources en entretenant des pratiques plus mercantiles que sanitaires, car au bout du compte elles freinent les innovations qui sauveront demain des vies. »

    Commentaires de Pharmacritique:

    On peut critiquer certains des exemples donnés, et je pense notamment au côlon irritable et au syndrome des jambes sans repos. Il faut se garder de stigmatiser les patients qui en souffrent, sachant que la médecine a fait beaucoup d'erreurs de ce type par le passé. Il est fort possible que la recherche découvre à l'avenir une ou plusieurs causes qui peuvent provoquer de tels syndromes.

    Photo: Zoll.de

    Elena Pasca

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu